Bébé pleure ? Pas de panique ! La parole n’est pas accessible pour votre enfant, du moins dans les premiers mois de sa vie. Ce dernier va donc chercher à communiquer autrement, en utilisant parfois les pleurs.
De même que l’intonation d’une voix permet de préciser, amplifier le sens du message vocal que l’on émet, vous allez comprendre à travers ce dossier qu’il ne faut pas admettre les pleurs de votre enfant comme un signal uniforme et unique. Ce « décodage » vous permettra d’apporter une réponse adéquate ; il permet aussi, par cette compréhension, le renforcement de la proximité et de l’interaction avec votre enfant.
Retrouvez dans ce dossier
- Bébé pleure car c’est son unique moyen de s’exprimer
- Bébé pleure car il souhaite vous transmettre un message
- Bébé pleure car il a sommeil : savoir interpréter cela en fonction de son âge
Bébé pleure car c’est son unique moyen de s’exprimer !

Dès l’adolescence et à fortiori à l’âge adulte, les pleurs sont le plus souvent une manifestation du corps provenant d’une douleur physique ou mentale, survenant suite à un évènement… Cela conduit à une acceptation partagée par la majorité des personnes, de manière presque induite, que les pleurs expriment un état d’esprit négatif. Cette conception se trouve trop souvent transposée lorsque que l’adulte devenu parent entend son enfant pleurer. Cette attitude est pourtant fausse ! En effet, pleurer (en plus des mimiques du visage) est bien souvent le moyen principal d’expression dont dispose bébé. Bon nombre de parents (surtout s’il s’agit de leur premier enfant) se retrouvent inexpérimentés face à cette situation et éprouvent rapidement une anxiété quand leur enfant qui pleure car ils ne comprennent pas pourquoi il pleure…
Un bébé en bonne santé peut pleurer jusqu’à deux à trois heures par jour !
Au risque de vous surprendre, sachez en tout premier lieu qu’un bébé en bonne santé peut pleurer jusqu’à deux à trois heures par jour. Pleurer est alors un moyen pour lui de s’exprimer, de s’adresser à vous pour différentes raisons ou causes que nous aborderons dans la deuxième partie de ce dossier.
Comprendre les pleurs chez bébé c’est avant tout admettre que ce signal qu’il vous adresse est une manifestation de son état d’esprit mais aussi collabore entièrement à son développement affectif qu’il souhaite nourrir avec ses parents.
Bébé pleure car il souhaite vous transmettre un message…

De nombreuses raisons peuvent justifier les pleurs de votre enfant car dans cette situation il vous adresse un signal, un message. Ainsi les pleurs peuvent indiquer :
- Que c’est pour lui l’heure du repas : c’est le moyen pour bébé de vous dire qu’il a besoin de se nourrir. Attention : parfois les demandes peuvent se répéter dans la journée, même en dehors des allaitements ou biberons que vous prévoyez.
- Qu’il a soif : dans un univers relativement sec (surtout en été ou en cas de fortes chaleurs), votre bébé se déshydrate rapidement : pensez à avoir toujours à vos côtés un biberon d’eau.
- Qu’il est dérangé : bébé est gêné par sa couche (mouillée ou sale pouvant rapidement provoquer des érythèmes fessiers) soit parce qu’il a des coliques ou que son nez est obstrué. A noter : si ses cris sont plus insistants ou forts que la normale, soyez particulièrement sensible à cela pourrait vouloir dire qu’il a mal. Dans ce cas, pensez tout de suite à vérifier sa température.
- Qu’il est fatigué : bébé a besoin d’un certain confort pour se reposer, il comprend aussi que certains facteurs (pénombre, lit, doudou…) lui indiquent que le sommeil est nécessaire pour son équilibre (voir les précisions dans le titre suivant).
Bébé pleure car il a sommeil : savoir interpréter cela en fonction de son âge

Plusieurs études (TSAI en 2021, CAI en 2023) se sont penchées « sur le berceau » de bébé en matière de sommeil. Toutes révèlent des périodes de repos de votre enfant en fonction de son âge…
Avant de s’intéresser au sommeil de bébé en fonction de son âge, il faut prendre en considération ces règles communes : une pièce plutôt sombre dont la température est comprise entre 18 et 20 degrés, pas d’exposition devant un écran avant le coucher (la lumière bleue peut nuire au sommeil). Evitez aussi les aliments « excitants » (sucres ou boissons chocolatées) qui retardent l’endormissement.
Chez le nourrisson
Une routine du coucher d’au moins 5 nuits par semaines initiée au plus tard à 21 heures est recommandée. Ces phases apportent une sensation de sécurité et de confiance pour bébé et lui permettent déjà de distinguer les différentes périodes de la journée et de la nuit.
De 6 à 12 mois
La plupart des bébés peuvent normalement « faire leur nuit ». Les routines acquises au cours des 180 jours suivant sa naissance doivent être maintenues pour que l’enfant puisse poursuivre son exploration du mode de vie quotidien. A ce stade, les parents peuvent suivre la méthode Ferber (dite aussi des pleurs contrôlés) favorisant l’espacement des interventions si bébé se manifeste afin de vérifier si bébé peut trouver le sommeil seul (laps de temps de 5 à 10 minutes).
A noter que dans les trois derniers mois de sa première année, l’enfant développe son indépendance et commence à comprendre qu’il n’a plus besoin que vous soyez à vos côtés pour trouver le sommeil mais sait que vous n’êtes pas loin s’il le perd. C’est à ce moment que se renforce les habitudes d’endormissement et de repos nocturne.
De 12 à 18 mois
Les routines sont définitivement intégrées et votre enfant va alors renforcer ses habitudes de sommeil. C’est à cette période que les parents doivent cultiver l’autonomie du coucher, agrémentés le cas échéant par des épisodes ludiques (lire une histoire…). Là aussi, il convient de ne pas intervenir immédiatement si les pleurs sont entendus (patientez 10 à 15 minutes).
De 18 mois jusqu’à 2 ans
Cette période est plus critique : l’enfant peut alors voir le sommeil comme une période d’inactivité (il ne comprend pas encore les bienfaits du coucher), s’est forgé depuis sa naissance un caractère et peut vite devenir capricieux au moment de rejoindre sa chambre. C’est la période du « non », du « chantage affectif » auxquels les parents doivent faire face ! Dans ce cas, soyez fermes mais en douceur en renforçant le rituel du coucher adapté à cette tranche d’âge (le laisser choisir son pyjama pour faire de beaux rêves, l’inviter à faire une croix sur un calendrier et lui promettre qu’il en fera une autre sur le jour suivant une fois qu’il aura dormi…).
Durant la 2ème et la 3ème année
L’imaginaire de l’enfant se développe considérablement. Cette faculté peut aussi se manifester durant la nuit à travers les cauchemars. Cette période est compliquée pour l’enfant qui rompt son cycle de sommeil mais qui occasionne aussi une fragmentation de la nuit de ses parents. Si la situation se présente, installez une veilleuse par exemple à proximité de son lit et au plus près du sol (pour éviter une trop grande luminescence) ou consolez le en lui démontrant que l’évènement qui l’a fait se réveiller n’existe pas, qu’il est en sécurité dans sa maison.
Au-delà de la troisième année
La routine du sommeil est en principe totalement acquise, l’enfant se dépense dans la journée et accepte sans s’en rendre compte que son corps a aussi besoin de récupérer. Les cauchemars peuvent persister, dans ce cas, les conseils donnés lors de la précédente tranche d’âge s’appliquent parfaitement.
Pour compléter cette lecture…

Dans les premiers temps, bébé ne sait pas lire l’heure et a une notion du temps quelque peu floue. En revanche, son organisme sait le suppléer sur ce point notamment lorsque son estomac réclame ! Pour savoir comment alimenter son bébé, lui apporter les nutriments essentiels, pensez à lire notre dossier COMMENT NOURRIR SON ENFANT – Première partie, les 12 premiers mois