« Mon petit prince » ou « Ma petite princesse »… Tout le monde a au moins entendu une fois cette phrase dans son entourage familial, professionnel ou amical. D’ordinaire, ce qualificatif traduit une affection, une forme d’admiration parfois pour un parent face à sa progéniture… Mais attention ! Parfois la métaphore laisse place au sens premier : choyé en permanence, excusé pour toutes ses maladresses, l’enfant se sent alors aussi invulnérable qu’un chevalier et va conquérir cet espace de liberté au sein de la cellule familiale. Peu à peu, le favori obtient toutes les faveurs, il est admiré comme un roi et devient in fine un « enfant roi ». Dans cette nouvelle édition de Actualités Familles Parents Bébés, nous allons vous présenter ce qu’est un enfant roi, ce pourquoi cette attitude peut être dangereuse pour la famille et les répercussions que cet état d’esprit durant l’enfance peut avoir une fois le « roi » devenu adulte…
RETROUVEZ DANS CE DOSSIER
- Une cour autour de l’enfant roi
- Des dangers qui courent pour la famille
- Couper court par les parents
Une cour autour de l’enfant roi

Jamais représentation imagée n’aura été aussi claire pour définir l’état d’esprit de l’enfant roi : comme un monarque, il règne, il décide, commande les autres. Il dispose de personnes qui le servent à toute heure, pour tout moment qu’il aura décidé de vivre. Il punit aussi, blâme parfois et avant tout ne supporte pas qu’on puisse douter ou contredire son autorité.
Cette puissance que s’autoproclame un enfant roi ne serait-elle pas en fait une forme de faiblesse ou de lâcher-prise qu’il a pu déceler auprès de ses parents et qu’il exploite avec la force d’un conquérant ?
Qu’est-ce qu’un enfant roi ?
On pourrait dire simplement qu’il s’agit d’un enfant qui a su prendre le pouvoir… Le postulat est alors clair et les conséquences le sont tout autant : il fait sa loi, utilise des astuces et des recours pour qu’on lui cède tout et qu’on lui obéisse tout le temps. Cette attitude (ou plutôt état d’esprit car permanent) conduit l’enfant roi à une opposition systématique à toute forme d’autorité (notamment par des cris et des colères répétées). C’est ici la première arme de ce type d’enfant : cris et colères sont parfois si violents qu’ils deviennent une crainte pour les parents d’avoir à les connaître, conduisant ces derniers à anticiper en pardonnant, en cédant ou en se pliant.
Comment un enfant devient-il un enfant roi ?
Cependant, l’enfant roi ne décide pas seul de coiffer la couronne… En effet il se forge cet état d’esprit en observant l’attitude de ses parents à son égard : le statut d’enfant roi est donc avant tout une affaire d’éducation parentale. Sans limites précises imposées, sans contraintes parfois, sans jamais subir une interdiction, l’enfant va peu à peu comprendre que tout lui est permis et surtout qu’il n’aura plus besoin de demander la permission !
Doit-on pour autant penser que ces parents permissifs, voire trop permissifs, n’ont que ce qu’ils ont récolté ?
Ce serait à notre sens faire avancer trop vite l’histoire… En effet, souvent, les parents qui accordent plus que la normale sont en fait en compensation vers leur enfant au regard de leur environnement (travail qui les prive de temps avec leur enfant notamment, volonté de ne pas appliquer à leur enfant ce qu’ils ont connu pendant leur propre enfance surtout si le mode d’éducation connu était strict ou sévère).
Des dangers qui courent pour la famille

L’enfant roi est en quelque sorte sous l’emprise d’une domination qui dépasse son propre pouvoir : celle de la société qui l’entoure. Le monde change et les formes d’autorité aussi et c’est ainsi que nous sommes passés d’une notion de « tradition familiale » au concept de « démocratie familiale ». Cette mutation a conduit au fait que ce qui était autrefois un dogme parental est devenu désormais un terrain de négociation, de dialogue entre l’enfant et son père et/ou sa mère. Ce changement de comportement a une influence considérable sur la notion de position éducative que les parents doivent observer vis-à-vis de leur enfant qui vient fortement contrarier le rapport entre eux au point que l’enfant se sente devenir l’égal de ses aînés !
Egocentrisme
L’un des dangers les plus marquants de l’enfant roi est une tendance forte à l’égocentrisme qui peut se coupler à une carence d’empathie envers les autres. Privé de repères qui lui permet d’avoir un certain sens des valeurs humaines, l’enfant roi peut avoir du mal (ou ne pas avoir envie du tout) de se mettre à la place des autres. Cela peut conduire à des difficultés dans les relations interpersonnelles, une incompréhension des sentiments des personnes autour de lui.
Insécurité
L’absence de limites claires et précises peut aussi générer chez l’enfant roi une ambiance familiale entachée d’insécurité et d’anxiété. Bien que tout puissant, l’enfant roi peut se sentir perdu et désorienté dans « son propre royaume » pouvant le conduire à de angoisses profondes affectant son bien-être émotionnel et psychologique.
Frustration
L’incapacité pour un enfant roi à gérer la frustration peut aussi agir sur l’équilibre de la cellule familiale. L’enfant roi voit tous ses souhaits se satisfaire, sans aucune résistance des personnes à qui il exige ou demande quelque chose. Cette difficulté à accepter la frustration peut conduire à des comportements néfastes au sein de la famille se traduisant par de l’impulsivité voire de l’agression purement et simplement !
Couper court par les parents

Comment faire pour éviter que l’enfant n’emprunte une voie royale permissive le conduisant à se forger un état d’esprit qui pourrait lui nuire quand il deviendra lui-même un adulte et donc potentiellement un parent ? Pour répondre à cette question, il convient tout d’abord d’admettre qu’un enfant exprimera parfois un refus, fera entendre son mécontentement mais que cela est dans la logique de son développement car il se construit sa personnalité. Plusieurs conseils pour éviter que votre enfant roi devienne à l’extrême un enfant tyran :
- Montrez-vous fermes : maintenez une réponse négative que vous lui formulez même s’il est contre
- Témoignez d’une « indisponibilité passagère » : en d’autres termes, apprenez-lui la patience car ses demandes ne sont pas des invectives exécutables à la seconde !
- N’entrez pas en négociation systématique : imposez des règles en lui expliquant les fondements de votre réflexion sur ce point
- Attestez de la solidarité entre parents : l’enfant roi peut utiliser un parent contre l’autre pour parvenir à ses fins. Père et mère doivent donc se montrer soudés dans toute situation qui pourrait générer le conflit à l’intérieur de la cellule familiale
Passer de roi à hélicoptère, cela vous étonne ?

Si malgré tous vos efforts l’enfant roi poursuit son règne tout au long de ses premières années, il est fort à craindre qu’il devienne un parent hélicoptère… Pour comprendre ce que cache ce terme, consultez notre dossier LES PARENTS HELICOPTERE – On fait le tour de la question !