JE REFUSE LES VACCINS POUR MON ENFANT : exposer un point de vue, s’exposer à un risque ?

Injecter au moyen d’une aiguille un liquide dans notre organisme suscite la plupart du temps l’idée d’une douleur ressentie avant même l’acte médical. Bien que devant être considérée comme un traitement, la piqure (ici le vaccin) est souvent rejetée non pas pour sa mission (soigner) mais pour son administration (percer la peau).
Depuis quelques temps déjà, cette situation a pris une toute autre ampleur lorsque l’adulte, devenu parent, hésite ou refuse de faire vacciner son ou ses enfants. Cette objection de conscience se répand aujourd’hui de manière suffisamment significative pour que Actualités Familles Parents Bébés décide d’y consacrer un dossier dans lequel nous ferons un point préalable sur la vaccination de manière à savoir de quoi l’on parle avant de laisser parler les parents et les adultes qui ont fait le choix de refuser les injections.

Retrouvez dans ce dossier

  • Prendre conscience de la vaccination : ce que dit la loi
  • Pourquoi une telle défiance de la part de certains face aux vaccins ?
  • En quoi une méfiance vis-à-vis des vaccins peut-elle avoir des conséquences ?

Prendre conscience de la vaccination : ce que dit la loi

Comme le rappelle le site VACCINATION INFO SERVICE, il existe des règles sur la vaccination. Celles-ci sont regroupées sous un ensemble de dispositions dites « règlementations ».
A travers ce site gouvernemental, il est rappelé que :

  • Les vaccins sont des médicaments, ils doivent donc être efficaces et sûrs. ;
  • Les vaccins permettent d’éviter la diffusion de microbes et donc d’épidémies. Leur utilisation est encadrée par le Ministère de la santé. Ils permettent de se protéger soi et de protéger les autres.
  • Certains vaccins sont obligatoires, d’autres recommandés.
  • La plupart des vaccins sont pris en charge par l’Assurance Maladie.
  • Certains vaccins ne peuvent être réalisés que dans des centres spécialisés (fièvre jaune, rage).
  • Les centres de vaccination permettent d’avoir accès facilement aux vaccins…
    Dans sa mission de santé publique, en fonction de l’âge ou bien encore pour une question de statut ou d’activité, le législateur est intervenu pour rendre obligatoire certains vaccins. Ainsi :
  • Pour les enfants nés depuis le 1er janvier 2018 : la vaccination contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, l’Haemophilus influenzae b, l’hépatite B, le méningocoque C (ACWY aujourd’hui), le pneumocoque, la rougeole, les oreillons et la rubéole est obligatoire jusqu’à 2 ans. Ils doivent donc être vaccinés (sauf contre-indication médicale reconnue contre ces onze maladies) pour pouvoir être admis en crèche, à l’école, en garderie, en colonie de vacances ou toute autre collectivité d’enfants. De plus, pour tous les enfants nés depuis le 1er janvier 2025, la vaccination contre le méningocoque B a été ajoutée en plus des autres vaccinations.
  • Pour les professionnels de santé et étudiants : immunisation obligatoire contre la tuberculose, le tétanos, la diphtérie, la poliomyélite et l’hépatite B.
  • Pour les professions particulières : les personnels de laboratoire, les égoutiers, les vétérinaires, les personnels travaillant dans les transports sanitaires, dans l’alimentation, les thanatopracteurs (métier consistant à prodiguer les soins de conservation aux défunts), les personnels des établissements médico-sociaux… sont soumis à des obligations vaccinales particulières.
  • Pour les Militaires : tous les militaires bénéficient de vaccinations réglementaires à l’incorporation et durant toute leur période de service actif.
    Ces dispositions étant inscrites dans un cadre normatif (une loi), refuser de s’y soumettre, contester l’application du règlement peut exposer son auteur à des poursuites (voir plus loin dans ce dossier).

Pourquoi une telle défiance vis-à-vis des vaccins ?

Comme notre société, répondre à cette question revient à souligner que les avis sont pluriels. Nous n’entendons pas ici faire une liste exhaustive des raisons ou motivations ou encore moins porter un jugement sur telle ou telle pensée. Dans une volonté d’information pure, nous présentons ici les arguments de ceux qui expliquent pourquoi ils observent une défiance concernant les injections. Le phénomène de défiance vis-à-vis des vaccins n’est pas récent : déjà en 2015 le débat était devenu public. A cette époque, une dépêche de l’AFP (Agence France Presse) précisait que « les ventes globales de vaccins de type DT-Polio par les pharmacies en France ont diminué de 14.5% au premier semestre 2015 par rapport au premier semestre 2014 (source Institut de Veille Sanitaire (InVS)) ».
Fait d’actualité, les journalistes ont alors cherché à comprendre la raison de ce phénomène. Leurs investigations à conduit à justifier cette défiance vis-à-vis de la vaccination par différentes origines :

  • Pénuries de vaccins dans les pharmacies décourageant parfois les parents à effectuer plusieurs déplacements vers d’autres officines afin de se procurer le traitement,
  • Nouveaux ajustements du calendrier vaccinal,
  • Diminution de la couverture vaccinale (remboursement par la Sécurité sociale).

Bien plus en aval et au-delà de raisons de logistique ou économique, la vaccination est aussi devenue en parallèle un réel sujet de société, opposant une partie de la population constituée de « pour » s’opposant à un autre groupe qui remettent en question le principe même des injections. Loin de rester dans l’ombre, ces « antivaccins » ont été mis en lumière par les médias afin qu’ils expliquent leur point de vue, sans simplement dire non mais expliquer aussi parfois leurs craintes…

Cette maman interviewée est arrivée à cette conclusion en expliquant que « nous avons été contaminés mes enfants et moi, en plein été, par la varicelle alors que nous étions vaccinés ! Certes c’est une maladie infantile bénigne (ndlr : pouvant avoir des conséquences plus graves chez l’adulte en provoquant de fortes fièvres voire atteindre des organes profonds tels que les poumons ou la partie supérieure du système nerveux central) mais elle nous a gâché nos vacances d’été ! »

Le vaccin pourtant indiqué pour se prémunir de pathologies peut aussi être mal perçu par certains parents qui ont parfois vent que « pour soigner une maladie, une partie de celle-ci est intégrée dans le vaccin lui-même ». Sans explications précises et constructives dans ce procédé, la vaccination est alors parfois incomprise et rejetée par certains parents. Parmi ceux-ci, il y a Gabriel, père de quatre enfants (âgés de 8 mois à 8 ans) confie que « ma femme et moi sommes vaccinés mais pas nos enfants sauf, je dirais malheureusement, mon fils aîné. J’utilise ce terme (ndlr : malheureusement) car à l’époque j’avais demandé à mon médecin de ne faire que les vaccins obligatoires. Il ne m’a pas écouté et les a tous faits ».

Mathéo s’oppose également aux vaccins dans le cadre de politique de la Santé Publique en apportant sa propre vision « Vacciner mes enfants me pose un très, très gros problème légal. En effet, en fonction du bon vouloir des politiques, certains vaccins hier obligatoires deviennent subitement facultatifs. Imaginez le dilemme : si par précaution je souhaite quand même faire injecter une substance préventive à mes enfants, je dois déjà trouver une pharmacie qui puisse me la procurer et si un accident post-vaccinal se produit, je ne pourrai pas me retourner contre l’Etat. Je serais donc dans ce cas le seul responsable d’avoir rendu mon enfant malade alors qu’au départ je faisais tout pour qu’il ne le soit pas. Je trouve cela bien hypocrite ! »

Mathéo s’oppose également aux vaccins dans le cadre de politique de la Santé Publique en apportant sa propre vision « Vacciner mes enfants me pose un très, très gros problème légal. En effet, en fonction du bon vouloir des politiques, certains vaccins hier obligatoires deviennent subitement facultatifs. Imaginez le dilemme : si par précaution je souhaite quand même faire injecter une substance préventive à mes enfants, je dois déjà trouver une pharmacie qui puisse me la procurer et si un accident post-vaccinal se produit, je ne pourrai pas me retourner contre l’Etat. Je serais donc dans ce cas le seul responsable d’avoir rendu mon enfant malade alors qu’au départ je faisais tout pour qu’il ne le soit pas. Je trouve cela bien hypocrite ! »

Claude, grand-père de cinq petits-enfants, aborde la question du vaccin sous un angle différent « Avant ma retraite, j’ai côtoyé plusieurs personnes travaillant dans l’industrie pharmaceutique. C’est de ces personnes que j’ai appris que certains vaccins (notamment l’hépatite B) sont commercialisés au bout de 3 ou 5 ans mais on n’a pas de retour ! On nous vend donc quelque chose en nous disant que l’on sera protégé mais on ne fait pas de test après pour bien le vérifier et pourtant un texte de loi précise qu’il faut que ça se passe comme ça. J’en arriverai presque à croire que la santé est devenue aujourd’hui un business parfois très juteux car on met dans la balance la santé des gens ».

En quoi une méfiance vis-à-vis des vaccins peut-elle avoir des conséquences ?

L’objectif de la loi est d’améliorer la protection individuelle et collective contre les maladies infectieuses à prévention vaccinale. Le professionnel de santé, comme tout citoyen, est dans l’obligation de respecter la loi. Dans ce cadre que risque un professionnel de santé qui s’opposerait à la vaccination d’un enfant ? En dehors de situations qui restent exceptionnelles (contre-indications reconnues), le fait de ne pas proposer les vaccinations obligatoires, ne pas avoir expliqué les conséquences du refus de vaccination et ne pas avoir assuré la traçabilité du refus des parents, entraîne la responsabilité du professionnel. Le professionnel peut être poursuivi devant les instances disciplinaires statutaires ou ordinales sur la base du non-respect des articles R. 4127-2, R. 4127-12, R. 4127-43 et R. 4127-49 du Code de la santé publique. A noter : la production d’un faux certificat médical constitue un délit sanctionné par une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison et 45000 euros d’amende (article 441-1 du Code pénal).

Par ailleurs, que risquent les parents ou les titulaires de l’autorité parentale qui refuseraient de faire vacciner leur enfant ? La sanction pénale spécifique au refus de vaccination est supprimée. Cependant, parce que ne pas faire vacciner son enfant le met en danger et peut mettre en danger les autres, le fait de compromettre la santé de son enfant – ou celui d’avoir contaminé d’autres enfants par des maladies qui auraient pu être évitées par la vaccination – pourront toujours faire l’objet de poursuites pénales.
Il est conseillé aux vaccinateurs de noter, dans le dossier médical papier ou dans le logiciel de gestion du cabinet, les oppositions aux vaccinations de la part des titulaires de l’autorité parentale, l’information donnée sur l’utilité des vaccins et leur caractère obligatoire pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018.

Parfaire vos connaissances en la matière…

Afin que vous puissiez disposer de l’ensemble des informations sur ce sujet, nous vous rappelons que Actualités Familles, Parents, Bébés a consacré une édition spéciale sur la vaccination. Vous pouvez consulter celle-ci en accédant par ce lien à notre dossier FAIRE VACCINER SON ENFANT – Pourquoi ? Comment ? Quand s’y prendre ?