CHOISIR D’ETRE UN PARENT POULE pour que son enfant vive comme un coq en pâte !

Demandez à un enfant de dessiner une poule, il y a une possibilité qu’il la représente sur un nid, en train de couver… Quelle plus belle introduction pour aborder ce nouveau dossier consacré au parent poule tant sa motivation est ici explicite ! Qui dit papa ou maman poule suggère la protection permanente, la surprotection même. Dans une « famille poule », les parents protègent et rassurent leur progéniture. Ce comportement est plébiscité par certains, critiqué par d’autres notamment concernant la construction de la personnalité de l’enfant. Ce nouveau dossier vous apporte tous les éléments pour que vous puissiez vous faire votre propre avis.

RETROUVEZ DANS CE DOSSIER

  • Une attitude qui couve quoi exactement ?
  • Un mode d’éducation comme une « cocotte » minute ?
  • Faut-il vraiment mettre tous les œufs dans le même panier ?

Une attitude qui couve quoi exactement ?

Vous avez remarqué autour de vous (ou peut-être vous l’êtes vous-même) des parents très impliqués avec leurs enfants, attentifs et affectueux, des personnes qui n’hésitent pas à exprimer leurs émotions et s’investir pleinement dans l’éducation de leur progéniture ? Vous êtes probablement face à un parent poule.

Ce modèle de paternité relativement moderne casse souvent la conception traditionnelle de l’éducation que l’on peut porter à son enfant. Il est en fait issu d’une réaction face à la société, l’environnement, dans un but de protection utile. Dans cette configuration, le papa poule ou la maman poule assument complètement leurs rôles par une omniprésence de chaque instant. Ils incarnent une véritable figure de tendresse et de sécurité.

Un parent poule se distingue car il manifeste une attention constante et une vigilance de chaque instant face à ses enfants. Il est constamment auprès d’eux pour répondre aux besoins de son enfant avec une minutie incomparable. Préparer un biberon, chanter pour faire dormir son bébé, jouer pour éveiller son enfant, ses interventions sont presque sans limites.

Un parent poule connaît et maîtrise parfaitement les centres d’intérêts de ses enfants. Il sait ce qui lui fait plaisir, ce qui pourra le divertir pleinement, les chansons qu’il apprécie… En d’autres termes, il est à la fois parent, complice et compagnon.

Un parent poule est assez opposé à l’idée d’une autorité stricte avec ses enfants. En lieu et place, il privilégie la diplomatie par des actions que d’autres pourraient contester (faire un cadeau pour aménager une remarque sur un point négatif : dans ce cas, l’enfant ne comprend pas le message induit et ne retient que son introduction à travers le présent qui est fait).

Il ne s’agit pas ici d’une affirmation mais d’un postulat exprimé par le parent poule. En effet, ce dernier considère le soutien émotionnel est une composante intrinsèque de ce type de comportement parental. Dans cette configuration, en cas de moment complexe ou à l’inverse de réussite (même minime) le parent est automatiquement présent pour réconforter ou féliciter.

A l’inverse d’un parent hélicoptère ou un parent tigre, le parent poule sait pour sa part encourager l’autonomie de son enfant. Il participe à l’apprentissage, favorise la prise d’initiatives, sera toujours présent pour stimuler ses compétences. Comparé aux autres types de parents évoqués ici, il est possible d’admettre que le parent poule permet à son enfant de grandir en confiance permettant à ce dernier de devenir à son tour un adulte responsable et indépendant.

Un mode d’éducation comme une « cocotte » minute ?

Même si la motivation du parent poule semble bienveillante, il est néanmoins possible de se demander si cette surprotection parentale ne pourrait pas devenir trop envahissante pour l’enfant. Le psychiatre Alexandre Jeudy partage son avis sur le sujet.

«Pour que l’enfant d’un parent poule évolue en vers l’autonomie, il va devoir apprendre par essai-erreur»

Alexandre Jeudy, Psychiatre

(crédit photo : barcelone-centre-pensee)

Pour qu’il se développe correctement l’enfant d’un parent poule va devoir apprendre par « essai-erreur », c’est-à-dire faire sienne de la notion d’équilibre entre une base de sécurité et la possibilité d’explorer son environnement. Cet impératif peut s’avérer difficile pour un parent poule car il suppose d’instaurer un cadre, une notion qui n’est pas forcément familière pour celui qui retient ce type de comportement.

Cette volonté de surprotection de l’enfant peut donc venir en conflit vers l’acquisition de l’autonomie de son enfant. En effet, le parent poule, bien qu’encourageant l’action personnelle de son enfant, pourrait vite revenir sur cet état d’esprit par crainte que sa progéniture se blesse. Si ce type de questionnement intervient, à l’image d’une « cocotte minute » qui indique une montée en pression, le parent poule devra alors « évaluer » le moment ou la situation où le danger pourrait se présenter et à partir duquel il est en devoir d’agir. Tant que cet instant ne se présente pas, il devra laisser l’enfant agir en apprentissage.

Cette période qui suit celle de l’enfance intègre le début de l’émancipation. Très souvent le parent poursuit durant cette nouvelle étape de la vie de son enfant son besoin de bienveillance, une attitude qu’il devra aussi contrôler pour encourager l’autonomie et l’apprentissage vers la vie d’adulte (assigner des tâches ménagères, se faire un devoir de justement ne pas faire ses devoirs scolaires à sa place…).

Faut-il vraiment mettre tous les œufs dans le même panier ?

Etre parent protecteur est une notion parfois complexe à l’intérieur de la famille (pour éviter de conduire son enfant à une absence d’autonomie par exemple ou une carence de repères essentiels une fois qu’il aura atteint l’âge adulte) et mal admise à l’extérieur (de la part notamment de parents qui n’ont pas connu cela durant leur propre enfance et qui agissent avec leurs progéniture dans un schéma répété de leur propre enfance parfois). Il ne nous appartient pas, comme toujours dans nos parutions, de se prononcer sur un «pour» ou un «contre». Nous terminons cependant ce dossier en précisant que nombreux sont les avis sur la question.

Pour ne reprendre que les intéressés, ces parents poules qui peuvent témoigner de cet état d’esprit vécu au quotidien, ceux-ci vous expliqueront ce mode d’éducation apporte à leurs enfants de nombreux bénéfices tels que la sécurité, le fait que leurs enfants peuvent compter sur eux à chaque instant. Ils insisteront aussi sur le fait de nourrir constamment une interaction avec leur progéniture permet d’aider leurs enfants à se forger une personnalité d’adulte empathique et équilibré. Ils complèteront ce tableau en confirmant même que «cet engagement de chaque instant voulu par le parent renforce aussi quelque part l’estime de soi de leur enfant, les forge à avoir une image positive d’eux-mêmes leur permettant de s’engager avec plus sérénité dans leur propre avenir».

Il reste qu’à un moment, le parent poule verra son enfant «quitter le nid» pour sa propre vie… A ce moment, soit le parent poule estime qu’il a su bien préparer son enfant et verra cet état d’esprit s’estomper peu à peu, soit cet éloignement pour lui insupportable et consciemment ou pas l’occupant de la basse-cour d’autrefois va faire évoluer son comportement, prendra le chemin des montagnes et deviendra un «parent chasse-neige».

Qui de l’œuf ou de la poule ?

Vous avez très certainement entendu parler de cette grande interrogation invitant à se demander qui de l’œuf ou de la poule est arrivé en premier ? Il ne nous appartient pas, au sein de ce blog, de lancer ce débat. En revanche, nous vous encourageons afin de parfaire vos connaissances sur les modes d’éducation de comprendre ce qu’est un parent coquille d’œuf en consultant notre dossier JE SUIS PARENT ET JE FAIS DU EGGSHELLING – une idée fragile comme une coquille d’œuf ?