Tout parent souhaite nourrir sainement son enfant car l’apport en aliments contribue à sa croissance.
Ce nouveau dossier d’Actualités Familles, Parents, Enfants ouvre une série de parutions qui vous donneront des indications, des conseils mais aussi des mises en garde sur l’alimentation de votre enfant par tranches d’âges.
Pour le premier volet de cette série, nous nous intéressons à l’alimentation de bébé durant les douze premiers mois de sa vie.
Retrouvez dans ce dossier
- L’allaitement : soif d’apprendre !
- A partir de 6 mois : déjà un appétit « solide »
- Entre le 7ème et le 9ème mois : on change de formule…
- De 10 à 12 mois : un repas « à la carte »
L’allaitement : soif d’apprendre !
L’allaitement : principes communs
Bébé ne connaît pas encore la règle générique des trois repas (matin, midi, soir) : son rythme est plus soutenu à raison d’une alimentation toutes les deux à trois heures (du fait que durant les premières semaines votre enfant n’est pas en mesure encore d’ingérer une quantité importante de lait). Cette fréquence demandera une grande disponibilité de la part des parents du moins la première semaine, c’est-à-dire tant que bébé n’effectuera pas des siestes. Pour espacer l’apport alimentaire, sachez en tout premier lieu que la durée entre deux apports alimentaires liquide s’établit à partir du moment où votre nourrisson commence à téter et non lorsqu’il semble rassasié. Sur ce dernier point, et si bébé semble se retirer du sein ou de la tétine de son biberon, cela pourra vous indiquer qu’il a ingurgité en lait une quantité suffisante.

Vous choisissez l’allaitement par le sein
Les premiers allaitements naturels seront parfois complexes (s’assurer que bébé ait bien le sein en bouche) mais par la suite, l’habitude (posture…) facilitera ce contact. Plus bébé va grandir et plus la vitesse de succion sera importante. Assurez vous durant ces périodes d’alterner l’alimentation avec vos deux seins.
Méthode ancestrale d’alimentation de bébé dans les premiers mois de sa vie, sachez que nourrir son enfant au sein semble parvenir à réduire plusieurs risques : diarrhées, infections d’oreilles ou des poumons, mort subite du nourrissons. Il éviterait aussi un risque à terme de surpoids plus tard.
Vous optez pour une alimentation avec un lait de substitution
Dans ce cas, vous devrez veiller à doser l’apport alimentaire. Un nouveau né aura besoin de 6 à 9 centilitres de lait. Cette quantité doit en principe permettre un espace de temps entre les deux biberons pouvant aller jusqu’à 3 ou 4 heures. A son premier mois, la quantité préparée passe à 12 centilitres par repas. Par la suite, les parents adopteront la quantité de lait dans le biberon en fonction de l’appétit de leur enfant. Ce dernier opèrera instinctivement une quantité moyenne par repas, ce qui vous permettra d’ajuster la quantité de lait de substitution. En principe, l’apport de poudre de lait devrait atteindre au maximum 15 centilitres par préparation à raison de six à huit prises par jour. Durant cette progression, veillez à adapter la taille ou le type de tétine afin de faciliter la prise alimentaire de votre enfant.

A partir de 6 mois, déjà un appétit «solide»
Le début du second semestre suivant la naissance de votre enfant va marquer pour lui une étape importante dans son alimentation. C’est en effet à cet âge que la plupart des nutritionnistes encourage un apport solide dans son alimentation. En plus de l’apport en lait (qui peut désormais être enrichit par un mélange de céréales adapté) vous pouvez varier le repas de votre enfant en y ajoutant des compotes de légumes ou de fruits.
A ce stade, sachez que l’apport en lait doit rester la composante principale de chaque repas de votre enfant. Les autres aliments lui permettent de faire son apprentissage des saveurs mais demeurent des compléments pour le moment.
Durant cette période, vous pouvez proposer à votre bébé un apport en eau au moyen d’un verre adapté à son âge (tasse recouverte d’un couvercle ou proposant une paille).
Ces ajustements alimentaires profitant à la croissance de celui-ci (notamment par l’apport de vitamines et minéraux) espacent encore plus le temps entre chaque repas, désormais espacés de quatre heures environ. Ce changement de régime va aussi peu à peu réduire les tétées de nuit jusqu’à disparaître complètement lorsque votre enfant fera des nuits complètes. Avant de prendre cette décision, nous vous recommandons d’échanger avec votre professionnel de santé.

Entre le 7e et le 9e mois, on change de formule !
Si jusque là l’alimentation par le lait dominait, c’est à partir du septième mois que vous allez modifier la nature des repas. Le liquide (restant important pour l’hydratation) cède peu à peu la place aux aliments solides. Cette nouvelle étape encourage votre plaisir à préparer pour votre enfant des purées de légumes et d’introduire la viande dans son alimentation avant de lui proposer des compotes de fruits : progressivement l’enfant incorpore une formule traditionnelle connue des repas pris par les enfants plus âgés que lui.
Le passage à l’alimentation solide se fait toujours lorsque votre enfant est prêt ! Pour l’y encourager, commencer par de très faibles quantités et observez sa mastication. S’il y prend une certaine forme de plaisir, vous pouvez augmenter la quantité. S’il recrache l’aliment placé dans sa bouche, c’est qu’il n’est pas encore prêt à l’accepter.

De 10 à 12 mois : un repas «à la carte»
Pendant la précédente période, votre enfant a fait un premier apprentissage des saveurs (le sucré et le salé notamment). Dans les deux derniers mois de sa première année, son alimentation va lui permettre de découvrir la texture des aliments (voir à ce sujet notre zoom enfin de dossier). Si jusqu’à cet âge l’apport des aliments à sa bouche se faisait par les parents, il peut désormais utiliser ses facultés de préhension pour se nourrir en autonomie (proposez lui en dessert par exemple des dés de fruits afin qu’il puisse manger seul à l’aide de ses doigts. La taille de ces « dés » doivent faire l’objet de toute votre vigilance avant de les servir afin d’éviter tout risque de suffocation).
En principe, dès 10 mois, votre enfant fait trois ou quatre repas quotidiens. Pour son hydratation, n’oubliez pas d’inclure lors de ceux-ci un verre d’eau adapté pour son âge (voir précisions pour la période 6 mois).

Zoom : l’alimentation autonome est-elle une recette efficace pour la relation avec l’enfant ?
Beaucoup de parents l’adopte, même Wikipédia en fait l’écho : l’alimentation autonome s’instaure de plus en plus comme un courant perçu comme bénéfique pour la relation entre les parents et leur enfant. Comment comprendre et se faire un avis sur cette nouvelle tendance ?
Aussi appelée DME (Diversification Menée par l’Enfant), cette méthode est relevée dans plusieurs cultures et a été popularisée notamment par l’ouvrage « Baby Led Weaning » de Gill Rapley. Elle
encourage l’enfant vers une exploration de la nourriture en autonomie. Elle encouragerait la découverte des goûts et textures, renforcerait sa motricité fine et la coordination entre ses mains et sa bouche.
S’il appartient à chaque parent de se forger son propre avis sur ce point, l’alimentation autonome permet à votre enfant de développer son apprentissage des couleurs, des odeurs, des formes des aliments par une expérience sensorielle et stimulante. Elle permettrait aussi une reconnaissance des aliments dans leur forme entière et faciliterait l’intégration dans la cellule familiale (l’enfant mangeant comme les autres à table, au même moment.
Louable de prime abord, la DME n’est cependant pas plébiscité par les professionnels de la santé, ces derniers insistant sur le fait que certains aliments consommés par des enfants plus âgés et par leurs parents ne peuvent pas forcément être intégrés dans le régime de bébé en fonction de son âge notamment. Ils évoquent de surcroit que cette pratique peut être vue par bébé sous un angle ludique, l’encourageant à « jouer avec la nourriture ».